Blood Diary
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 Nheira Yenes. ~

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MessageSujet: Nheira Yenes. ~    Dim 13 Fév - 5:54


Nom :
    Yenes.

Prénom :
    Nheira.

Surnom :
    Nine.

Age :
    Dix huit printemps d'apparence. Vingt sept années de non-vie s'ajoutent à ce chiffre.

Race :
    Vampire.

Statut :
    Dealeur à ses heures, pour le simple plaisir de sentir quelques billets glisser sous ses phalanges. L'art du vol discret ne lui est plus secret depuis plusieurs années, bien qu'il se complaise aussi par quelques moments dans l'entretien que lui assurent un ou deux amants.

Sexualité :
    Celui qui est dessous n'est pas toujours le plus soumis des deux.



Physique :
    Qu'elle est douce, la joliesse si pure d'un visage angélique, le tracé délicat d'un faciès mordoré, deux joues de velours au moelleux de l'enfance, une bouche... Non, non arrêtons là. Rien n'est plus répugnant qu'une beauté parfaite. Et peut-on seulement parler de beauté en son cas ? Allons, regardez-le errer dans ses fripes improbables, ce pantalon vert anis, large et décousu qui tombe sur ses hanches, et ce haut déchiré d'un rouge apostrophant qui dévoile ses épaules n'ont que trop fait leurs temps. Et cette ceinture de cuir, et cette besace abîmée, est-ce là de la perfection ? Diable que non, l'on vous y reprendra, à chercher la beauté dans cet attirail-là. Ah, peut-être, si l'on approche un peu, l'on pourra remarquer que sur sa tête baissée, l'amas de cheveux noirs luit dans la pénombre, et les mèches folles cascadent en douces courbes jusqu'aux reins. Taille bien fine d'ailleurs, et de plus près l'on remarque aussi la petitesse, gênant attribut qui ne fait pas dépasser à l'homme le mètre soixante cinq, n'avait-il pas été tué trop tôt ? Qu'importe. Voilà que le visage se redresse vers vous ; sous les cheveux décoiffés deux iris observent, l'air vague et distant, celui qui fait face. Certes, peut-être alors sentirez-vous quelques frissons plaisants vous prendre, s'il s'avérait que Nine était à votre goût. Certes, il est au goût de plus d'un. Son visage encore taillé dans un dernier fragment d'enfance tardive contrecarre son regard trahissant l'ennui et la mélancolie d'une nature pleine de regrets. Le croirez-vous ? Son flair a su repérer en vous un client potentiel. D'un pas léger il s'éveille et avance, ses prunelles luisent d'un nouvel éclat qui teinte d'or le brun habituel des orbes lumineux. Voyez ses lèvres qui s'étirent légèrement, plissant les lippes charnues d'un sourire appelant aux délices ; d'un coup il tend le bras et remonte une manche, ses doigts aux jointures pâles serrées sur le tissu, quand il offre sa peau, ses veines apparentes sous la chair piquetée de traces d'aiguilles. En voulez-vous un peu ? semblent dire ses pupilles, et si vous reculez il n'aura soudain plus que pour vous un mépris sans égal, alors que le sourire ternira pour laisser un instant paraître les fins crocs de perle dans une mine boudeuse. Et retournant alors à ses affaires, vous verrez s'éloigner sa masse de cheveux noirs qu'il agite en quelques pas dansants, contemplant un moment son dos qui disparait dans la pénombre, sans connaître, sous les vêtements longs et larges, le tracé délicat de cicatrices passées, souvenirs permanents d'un lien de sang dont il ne subsiste qu'une ombre.


Caractère :
    Nine. Le neuvième fils. Neuvième adopté d'une lignée qui lui a inculqué les vices de sa nature. Lui enseignant la démarche fière d'une race dénuée de vie face à celle, mortelle, à laquelle il n'appartenait plus. C'est un paradoxe. Il sait la grandeur de sa propre espèce, médit de l'humanité, méprise ceux qui sont mélange des deux genres, perdus dans leur fausse splendeur qui n'existe que parce qu'un peu de sang pur s'est perdu dans leurs veines... Et pourtant. La mortalité, il la vit chaque jour, à chaque lever de soleil, quand même son ombre doit se masquer des rayons éclatants. Si triste, triste splendeur dont ses yeux se souviennent... Il ne supporte plus maintenant la couleur jaune, la renie dans sa symbolique radieuse, hanté par les images d'un soleil qu'il dessinait enfant de cette teinte trop vive, et qui n'est plus maintenant que mort. Et la mort. Voilà qui l'effraie. Aussi l'obscurité n'est-elle guère une plaisante amie. Dans les ténèbres, tout est chaos. Incroyable fourbi de chimères et de démons qui pourraient l'aspirer vers la fin de l'existence. Ô dieu qu'il redoute chaque heure qui l'amène au trépas prochain ! S'est vu naître, depuis ses sept ans et l'apprentissage effrayant de la mort, un toc d'alignement et de symétrie qui le pousse, en cas d'extrême nervosité ou de tension malheureuse, à tout craindre d'un désordre qui lui ferait face. Bienfaitrice à été la Mère, qui lui a inculqué l'art du détachement, savoir-faire incertain qui parvient cependant à lui permettre de maîtriser ses angoisses... Autant qu'il se peut. Aussi n'affichera t-il jamais de premier abord une inquiétude quelconque ; même face aux sanctions qui pourraient assombrir l'éclat de sa personne... Certes ils honorent les lois, et si l'on l'a surpris quelques fois à mordre une gorge, il l'a souvent payé d'un châtiment cruel, voyant par bonheur, ses traces effacées de la puissance passée de sa préceptrice. Néanmoins, son enthousiasme va plus à la malversation, qu'il glorifie dans ses petits larcins de vols. Prenez garde passant, à vos poches s'il vous frôle !
    Curieuse manie qui fait de lui ce qu'il est... Le sang, ou plutôt la teinte carmine qui le caractérise le passionne et l'apaise. D'ailleurs, il en est friand. Voyez plutôt ; proposez donc un peu de sang humain. Non pas ce ridicule plasma modifié par quelques savants fous, et qu'il ne se résous à boire que lorsque l'extrémité de ses oreilles en vient à former un angle plus étroit... Mais bien un peu d'incarnat pur, pris à même la veine, encore chaud de vie ! Rien de tel, si l'idée folle prenait de le séduire. Peu avare, il vous proposera sans doute aucun le sien en retour, et à tous ceux qui le désirent, en échange d'un paiement selon ses propres règles. Car l'argent, après le sang est essentiel, et il connaît milles façons de s'en procurer : parmi elles, la mendicité dans la danse, car sa souplesse exercée dès ses jours d'humanité n'a fait que croître avec la mort. Ses limites cependant sont loin d'être restreintes, et si la figure plait, après de doux échanges à priori sanguins, il vous sera peut-être offert dans un regard de goûter à sa peau. Moyennant finances... Car non, il n'est pas de ceux à trouver le luxe désagréable, et s'il ne fait pas fine bouche lorsqu'il traîne dans les souterrains obscurs, ceux qui peuvent offrir or et diamants sont les bienvenus... Pour un temps. Car rien ne peut acheter le besoin irrépressible de liberté qui jaillit dans ses veines lorsque l'oiseau se sent enfermé. Doux amants, consolez-vous. Peut-être le recroiserez-vous, dans les bas-fonds de la ville, à danser sur les pavés crasseux...


Autres :


Son passé :
    Une gorgée de thé brûlant glissa entre les lèvres d'Edene dans un silence complet. La jeune femme, qui n'avait de jeune qu'une apparence sévère, reposa sa tasse dans un clinquement qui fit sursauter Nheira. Les deux aînés poussèrent vers l'avant le garçon qui tomba à genoux, la cascade de ses cheveux noirs masquant son visage maculé de sang inhumain, jusqu'à ce qu'il relève la tête, pour porter sur sa mère adoptive un regard inquiet. Celle ci consentit enfin à baisser les yeux vers lui, lui adressant un coup d'oeil si chargé de mépris que l'autre frémit encore, contemplant le sol couvert d'un tapis épais aux motifs orientaux, écoutant la voix alors, doucereuse et violente, qui demandait simplement : "Qu'as-tu encore fait..."

    Nheira ouvrit les yeux dans un sursaut brutal. Il voulut se lever, mais une douleur légère lui prit les épaules et il resta un moment immobile, les iris fixés sur le plafond de la petite chambre de bonne dans laquelle il venait parfois passer une journée. Il lui semblait encore sentir dans son dos les lanières de cuir qui s'abattait sur lui, suivie, pour cette fois-là, d'une tasse de thé brûlant, qui s'était mêlé aux plaies de sa peau. Il se redressa enfin. Edene n'était pas une femme cruelle, il le savait. Sans elle, il serait mort à ses trois ans, lorsque sa génitrice, bohémienne qui aimait la danse et le soleil autant que son enfant, s'était faite vider de son sang par l'un de ces canites affamés dans l'un des derniers villages de la région, village alors mené de main de maître par Edene et ses "adoptés". L'assassin avait été châtié par elle, et l'enfant, recueilli. Le neuvième. Nheira s'était vu alors élevé de manière stricte, rudoyés tout autant que taquinés par ses trois frères les plus proches, Ambroise, Leandre et Octave, chacun d'eux ayant onze, treize et dix sept ans lorsqu'il en avait neuf. Les cinq autres, plus âgés, ne posaient que rarement sur lui les yeux, et leur peau plus blafarde que celle de ses jeunes aînés, ressemblant à celle d'Edene, la Mère, indiquait au garçon qu'ils n'étaient pas de ceux que l'on pouvait déranger. Ils n'étaient pour la plupart jamais là de toutes les manières, hormis quelques fois, pour le rattraper lors d'un accident de jeu, ou pour corriger ses manières, laissant toutefois bien souvent Edene s'occuper de cela.

    Le jeune canite plia consciencieusement les couvertures avant de les ranger dans un placard dont il fit glisser deux fois la porte, dans une lenteur extrême, afin d'être certain de l'avoir bien fermé. Marchant sur les décombres de papiers journaux qui tapissaient la pièce, il avanca vers un frigo impeccable et en sortit une poche de sang, attrapant une paille de fer à l'extrêmité pointue avant de la planter d'un coup sec dans le sac gorgé d'hémoglobine, s'arrêta alors, les gestes en suspens, pour contempler la teinte carmine. Il se souvenait, cette fois-là, la cause de la punition d'Edene. Il se rappelait, le goût du sang de vampire, qu'il avait trouvé dans une chambre froide dont l'accès lui était interdit. Il sourit un peu. Le défi, proposé par Octave, avait été relevé. Comme convenu, il avait été volé la clé de la chambre froide dans le tiroir de nuit d'Edene, et avait récupéré l'une de ses poches de sang que les garçons, dans leurs jeux d'espionnage, avaient aperçus être déposés dans cette arrière pièce secrète par la Mère ; une fois le sac ramené, voilà qu'on lui avait dit d'en boire, et ne voulant passer pour lâche il avait gouté au sang, en renversant alors dans la petite chambrée ; deux aînés alertés par l'odeur étaient arrivés aussitôt, le prenant en plein méfait. Nheira touilla la poche de sang, raclant les bords de plastique avec la paille de fer, soulevant du fond un amas de plasma créé de toutes pièces. La vue de la chose l'écoeura, et il finit par poser le sac sur une pile de bouquins abimés, sans y avoir touché.

    C'était Edene qui lui avait appris à lire. Elle aimait les ouvrages travaillés, la dorure des vieux livres, les couvertures de cuir ciselé, les tranches ornées de couleurs. Nheira n'aimait jamais tant être en sa présence que pour une heure de lecture. La jeune femme, si froide alors, montrait un peu de cette douceur volubile qui plaisait à l'enfant, et blotti contre elle, il humait le parfum des livres anciens mêlé à l'arôme presqu'éteint de la peau de la Mère, répétant docilement les lettres et puis les mots, jusqu'à savoir seul déchiffrer les pages. Les séances s'arrêtèrent lorsqu'il eut appris à lire parfaitement, mais prétextant quelques fois un doute sur un mot, il revenait vers elle, pour partager encore un peu de ces moments intimes. Edene n'était pas une tendre, malgré ses instants de paix. Certes, elle était parfois douce. Nheira à ses sept ans, apprenant l'existence de la mort comme tout autre enfant de son âge, avait développé de violents tocs liés à ses angoisses, et la Mère lui avait enseigné à calmer ses terreurs en lui faisant épeler lentement des mots et en lui inculquant la valeur de son nom face aux autres. Sommeil. Neuvième. Supérieur. Mais jamais femme ne fut plus impatiente en dehors des temps d'instruction, et la moindre faute était punie de bien des façons qui frôlaient la cruauté. Ainsi Nheira un jour, ayant blessé Léandre en lui lançant un vase, après que celui-ci se fut moqué des pas de danse que le garçon esquissait trop souvent en secret, reçu le martinet de si terrible façon que sa peau en resta à jamais gravé. Il avait alors onze ans, Léandre quinze, et ce fut celui-ci qui lui administra la correction. C'était la loi. Celui qui avait été agressé devait répondre en retour. Edene suivait la scène d'un regard vague, en sirotant du thé, n'ayant à l'esprit que l'éducation de ses fils. A Léandre, elle apprenait désormais la veangeance. A Nheira, la justice cruelle.

    L'eau glissa entre ses doigts, alors qu'il passait ses mains sous le robinet de l'évier tâché de rouille. D'un mouvement brusque il ramena ses phalanges pleines contre son visage, éclaboussant ses cheveux et sa chemise, restant un moment, les mains collées contre sa peau, avant de les faire glisser jusqu'à son menton, ses doigts semblant vouloir écorcher ses traits, les tirant vers le bas. Il se frappa les joues, remarqua alors la rouille, attrapa une éponge, et entreprit de la gratter, oubliant le jet d'eau qui ricochait sur le métal abîmé. Il était toujours nerveux, en pensant à Léandre. Edene n'avait pas souhaité que des "clans" s'établissent selon l'âge, aussi, pour le partage des chambres de la demeure, avait-elle tiré plusieurs papiers dans un vase. A dix ans, Nheira avait été désigné pour dormir dans la chambre de Léandre, pour une durée de six hivers. Aucun des frères n'avait été ravi. Disputes, colères, petits méfaits et grandes injures, voilà quel avait été leur lot quotidien dès lors. A ses seize ans cependant, Léandre s'était calmé. Il avait décidé brusquement, d'ignorer Nheira, et celui-ci, plus que chacun des maux infligés par son frère, avait été blessé de cette invisibilité nouvelle qui le caractérisait aux yeux de son aîné.

    La rouille ne partait pas quand bien même il frottait avec force, et il souffla un instant, composant dans son esprit le visage flouté de son frère. Il était son exact opposé. Combien de fois Nheira avait-il passé ses nuits à observer la chevelure presque blanche de son aîné, jalousant ses prunelles d'un bleu éclatant, ses pommettes hautes et sa grande taille ? Il lui était impossible de les compter. Léandre et lui, c'était la haine froide, la colère silencieuse, qui ne s'expliquait pas. Ce fut à ses quinze ans seulement, au cours d'une querelle banale au ton vif et mauvais, que la raison de cette extraordinaire tension, lorsque Léandre l'empoigna à terre, et que tous deux cherchèrent, dans la violence la plus incertaine à ôter leurs vêtements et à joindre leurs lèvres, que le pourquoi de cet abominable malaise, fut expliqué, aplani dans la souffrance et la cruauté d'un premier ébat qui les laissa essoufflés, meurtris d'un amour inceste qu'ils n'avaient pas cherchés, l'esprit vide de raison. Ils firent l'amour encore, dans le sang de Nheira et de son corps brutalisé, dans l'amertume, en sachant qu'au lever du jour, rien ne serait comme avant.

    Il avait passé plus d'une heure à gratter la rouille qui mangeait le métal de l'évier. Celui-ci enfin propre, semblait briller plus que jamais malgré les traces féroces qu'avait laissé le grattoir. Nheira, satisfait, prit un gant et entreprit de laver son corps à l'eau froide, ce maigre nettoyage restant suffisant jusqu'à demain soir, où il pourrait peut-être, selon le temps, prendre une douche de pluie, ou aller courir et batifoler sous les jets d'arrosages de la pelouse de la mairie, comme il aimait à le faire. Qui sait, peut-être trouverait-il un amant de passage ou quelques drogués à qui il vendrait un peu de son sang, afin d'avoir de quoi s'offrir une chambre d'hôtel convenable, pour passer le jour. Il fixa son regard au travers du petit carreau couvert de scotch gris épais, en ôta un morceau, pour plonger les yeux dans la nuit qui avait recouvert la ville. L'obscurité lui rappela un instant les moments passés enfermé dans sa chambre, toutes lumières éteintes, lorsqu'Edene le punissait de repas et lui coupait la lumière, empêchant toute lecture. Il était alors coincé, obligé de repenser ses fautes, se jurant alors qu'il ne recommencerait plus, qu'il préférait alors les coups, à la noirceur, et restait prostré des heures sans trouver le sommeil, son corps appliquant un léger mouvement de balancier qui ne parvenait qu'à apaiser très légèrement ses craintes. Il referma le trou de la fenêtre avec une nouvelle bande de scotch gris, et chercha dans l'amas de vêtements ses frusques habituelles, les ayant lavés la nuit précédente. Trouva dans un coin, là où il le laissait toujours, le collier abîmé qu'avait laissé Léandre derrière lui, bien des années plus tôt.

    Suite à l'unique nuit partagée, son aîné ne lui avait plus adressé la parole. Cela était pire qu'avant ; il ne posait jamais plus sur lui un regard chargé de haine, non, il le fuyait tout simplement. Aux seize ans de Nheira, survenus un peu plus tard après l'incident, Ambroise fut désigné comme son nouveau compagnon de chambre, alors que Léandre âgé de dix neuf ans rejoindrait Octave. La distance entre eux s'accrut, jusqu'à ne plus devenir, qu'un torrent infranchissable. Il avait essayé, de le contacter, par le biais de lettres, d'appels, de simples messages, il l'avait acculé plusieurs fois à une salle vide, mais l'autre s'obstinait. A peine une fois, avait-il entendu une parole : "contre-nature". Cela avait suffit à créer le vide. Aux vingt ans de Léandre, tout changea. Celui-ci fut autorisé comme Octave et les autres avant lui à ne plus participer aux repas que menaient la Mère, celle-ci enseignant les manières à table, sans jamais toucher son plat. Léandre ne rentrait plus que peu la nuit, et passait ses journées enfermés dans quelques lieux secrets. Nheira tenta de le suivre une fois, mais Léandre, l'ayant trouvé, le repoussa vivement, le fixant, comme il ne l'avait jamais regardé alors. Pour la première fois, Nheira eut peur de ces iris bleus vifs, qui l'observaient, affamés et envieux. La Mère se mit à veiller plus fermement sur Ambroise et Nheira, les derniers humains de la famille, bien que tous deux ne sachent ce qu'ils avaient de différents. Léandre s'avérait un vampire difficile, sans cesse rongé par le désir du sang, et maintes fois Edene fut contrainte de le châtier. Perspicace, elle l'interdit d'approcher de Nheira, qui inconscient, ne cherchait rien d'autre qu'à retrouver un peu de cette fraternité douloureuse qui un jour, avait eu au moins valu de les unir. Ambroise ne lui fut d'aucun secours, ils n'avaient rien en commun, et celui-ci, cherchant sans cesse l'approbation de la Mère, n'avait guère un caractère plaisant.

    Il sortit au dehors, la luminosité d'un reverbère guida ses pas dans la ruelle tandis qu'il s'enfonçait vers la pénombre. Ses iris entraînés en plus de l'habitude l'aidèrent à se repérer dans la noirceur ambiante qu'il traversa, le pas vif, pour tourner à l'angle d'une rue moins silencieuse, et surtout éclairée. L'un de ses pairs lui demanda une cigarette, il hocha négativement la tête, adoptant une attitude plus décontractée, alors que ses pensées ne quittaient pas Léandre. Qu'était-il devenu, depuis la dernière fois où il l'avait vu ? Son dernier souvenir n'était qu'une ombre sanglante disparaissant dans l'obscurité... Il se souvenait bien de ce jour funeste. A ténèbres, la Mère avait décrétée devoir quitter la demeure un moment. Comme toujours, depuis que Léandre avait déserté la maisonnée, Ambroise et Nheira étaient enfermés dans la grande bibliothèque, Edene les laissant à de douces occupations de lectures, pour parer à son absence. Nheira avait relevé la tête de son ouvrage alors qu'un cliquetis de serrure s'était fait entendre. Ambroise installé derrière plusieurs rangées de livres ne bougeait pas, absorbé par les lignes d'un roman, aussi ne vit-il pas entrer Léandre, celui-ci poussant la porte avec douceur, fixé par Nheira, qui ne voulait reconnaître, en cet être décharné, effrayant, les traits angéliques de son aîné. Léandre ne s'attendait visiblement pas à trouver ses jeunes frères. Ambroise hors de vue, il resta figé, le faciès marqué par une virulente surprise, et finit par entrer, refermant sans bruit derrière lui. Nheira se leva brusquement et l'autre eut un vif mouvement de recul alors que le garçon avançait vers lui. Sans un bruit, l'humain glissa un bras autour de la taille de son frère et l'étreignit, l'autre restant de marbre, alors que le naïf amoureux murmurait le manque cruel qu'avait laissé son départ. Et il avait relevé la tête, les larmes aux yeux peut-être, pour décréter, doucement amusé, faisant fi alors, des oreilles en pointes et de la peau ternie. "Tu sens comme la Mère."

    Nheira sourit un peu quand un habitué, manifestement désireux de ne pas être reconnu, s'approcha de lui pour lui tendre une seringue et une liasse de billets. Sans un mot, le vampire planta l'aiguille dans ses veines, offrant pour vingt millilitres de son nectar carmin. Un humain vint après, lui proposant du dix contre dix, que Nheira monta à trente contre trente, laissant l'homme extirper une dose conséquente de ses propres veines, le canite l'imitant, avant d'échanger les flacons. Il resta immobile un moment, attendant quelques cliens potentiels, en aguichant parfois, donnant encore, et remplissant sa poche de billets et de pièces. Durant les moments de flottement, il pensait à nouveau à Léandre. Il était inutile de se souvenir et de regretter sa violence, quand suite à ses mots innocents dans la bibliothèque, son aîné l'avait projeté avec force à l'autre bout de la salle, le corps jeune heurtant une étagère, les livres s'écroulant sur lui, alors qu'il tombait au sol. Léandre approchait, le regard trop vif, ses iris bleus si beaux teints d'une colère folle, approchant, pour reprendre Nheira par le col, l'envoyant alors contre un énorme miroir qui se brisait sous le choc, milles éclats s'enfonçant dans le dos de l'humain qui hurlait maintenant. Ambroise n'avait pas réagi, se cachant plutôt, pour observer la scène, alors que Léandre venait encore près de Nheira, le soulevant par la gorge, enfonçant ses doigts aux ongles trop longs dans la peau de l'humain qui pleurait désormais, haletant des supplications. Il n'y avait rien à comprendre. Tout était de sa faute, murmurait Léandre. De sa seule et unique faute. Il n'aurait du être recueilli. Il n'aurait pas du vivre, parce que sa seule vie le rendait fou. Ses lèvres se collèrent brusquement à celle du garçon, qui s'agita en hoquetant, tentant de le repousser et l'homme furieux alors, les iris désormais teintés d'écarlate, murmurait que Nheira l'avait séduit, qu'il faisait tout, pour lui faire perdre l'esprit, que son odeur et son sang jamais n'avaient été si enviables... Et l'autre murmurait des négations à en perdre haleine, tâchant protester, quand l'inhumain affirmait être désormais un monstre, que Nheira l'avait rendu ainsi, parce qu'il y avait trop de désir... Et ensuite, les crocs qui s'étaient enfoncés dans la gorge, faisant hurler puis gémir, éclaboussant de sang la bouche avide de Léandre, qui buvait la vie de celui qu'il aimait, avec l'ardeur des passionnés et des fous. Il aurait du mourir entre les mains de son aîné, ce jour-là.

    Nheira redressa la tête. Depuis près d'un quart d'heure maintenant, assis sur le tabouret de bar miteux, il écoutait le blabla d'un humain auquel il plaisait manifestement. Peu intéressé, l'autre se contentait d'absorber verre après verre, jusqu'à trouver l'état confortable où les mots de l'homme ne résonnèrent plus qu'en écho à ses oreilles. L'enivrement avait cela d'agréable qu'il laissait voquer dans un autre monde mais ce soir, les souvenirs qui l'avaient hantés la nuit complète ne faisaient que ressurgir. Combien de temps s'était-il passé, entre la morsure, et l'arrivée de la Mère ? L'on avait juste entendu un gargouillis, senti la prise se relâcher, et Léandre était tombé à terre, laissant paraître derrière lui Edene qui l'avait embroché d'un tisonnier de fer. Nheira s'était écroulé, et il y avait eu un vide, un grand trou noir, durant lequel il avait juste senti la souffrance consumer ses membres un à un. La Mère l'avait sauvé, si l'on pouvait dire cela. Lui accordant une transformation qu'il n'était pas en âge de recevoir, n'ayant que dix huit ans, elle lui épargna la mort par hémorragie, et reprenant la morsure de son fils aîné qui n'avait pu que fuir, elle absorba le carmin jusqu'à la toute limite, avant d'imprégner les lèvres et la gorge de son propre écarlate. La suite n'était rien. Il s'était éveillé, nouveau-né terrifié, Edene lui avait enseigné comment contrôler ses pulsions sanguinaires, suivant durant trois années son apprentissage d'une non-vie qui commençait à peine. Par trois fois il fauta, tua deux filles et un homme, et la Mère masqua ses méfaits avec la précaution que confère l'habitude, punissant rudement néanmoins ses écarts. De l'incident de Léandre, il ne garda que les cicatrices des éclats de miroirs gravés dans la chair de son dos, et la meurtrissure plus grande d'un coeur désormais solitaire. Ne restait de lui, qu'un collier qu'il portait ce jour-là, et qu'Edene avait ramassé sur le sol après sa fuite, le donnant à Nheira qui le lui réclamait. Après trois années, il demanda à quitter la demeure, et la Mère le lui accorda, celle-ci peut-être, sentant ses vieux jours venir, après deux siècles d'existence. Nheira n'entendit plus jamais le nom de Léandre ni celui de ses autres frères, hormis Ambroise, dont il apprit qu'il menait désormais les rênes de la demeure. La Mère elle-même ne lui adressa jamais ni lettre ni appel, et il fit de même, non par déni d'origines, mais par respect pour son amour distant.

    L'aube tâchait déjà le ciel de jaune et de rose, et Nheira, le pas fluide aux abords de la précipitation, referma la porte d'entrée du petit immeuble, grimpant quatre à quatre les neuf étages qui le mèneraient à sa petite chambre de bonne sous les toits. Délivrant de ses poches billets et fioles, il attrapa un flacon de verre et le vida d'un trait, laissant le carmin pur inonder sa langue. La vie dans quelques mégalopoles énormes avait été pour lui une découverte qu'il ne regrettait pas. Élevé dans l'opulence, il connaissait les déboires d'une existence nouvelle faite d'imprévus et de précarité ; la chose ne lui avait jamais déplu. Le reste... Qu'est ce que vingt quatre années de vie en toute liberté ? Le temps passe sans accrocs, car il les fuit avec rigueur ! Ayant visité ça et là quelques grandes places célèbres, voici qu'il s'est posé ici. Et après qu'il eut méticuleusement arraché avec dégoût et frustration la moindre parcelle de tapisserie jaune de cette chambre de bonne, il en avait fait son repère, exerçant dans les rues sa débrouillardise, sans oublier les enseignements reçus de la Mère durant les derniers hivers passés à ses côtés. Il restait de sa proximité, cette trace de mépris et ce regard hautain qu'il avait quelquefois, signes qu'Edene au fond, avait un peu déteint sur lui. Il se dévêtit, se coucha nu sous les draps, et épela un mot qu'il répétait souvent lors de ses jeunes années, alors qu'elle lui apprenait à adoucir ses peurs. R. E. N. A. I. S. S. A. N. C. E.


Sa famille : Il n'a pas de nouvelles d'elle, il ignore même en vérité si sa mère adoptive est ou non encore en vie.


Votre pseudo :
    Je prendrais celui de mon personnage, ce sera donc Nheira, ou Nine.

Age :
    19 ans et des poussières.

Depuis quand joues-tu sur les forums rps ? :
    Cela doit faire trois ans !

Comment trouves-tu le forum (concept et graphisme) ? :
    Le design me plaît beaucoup, il a été un atout majeur dans mon choix. J'aime également le concept (sinon que ferais-je ici) mais le fait que les vampires aient des capacités moindres par rapport à ce qui leur est habituellement attribué m'a surpris (je comprends très bien néanmoins ces limites, cela évite les Gros Bills). Good job aux Admins ^^
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Mathew Klhay
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MessageSujet: Re: Nheira Yenes. ~    Lun 14 Fév - 22:17

J'aime beaucoup ta façon d'écrire, l'histoire est très sympa, et chouette, un vampire qui commençait sa mutation huhu... Léandre commençait à avoir soif, ça n'a pas aidé mdr x)

Bref, j'aime, je valide.

Amuses-toi bien x)

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